O Pastor Animarum

O Pastor animarum et O prima vox
per quam omnes creati sumus,
nunc tibi, tibi placeat ut digneris nos
liberare de miseriis
et languoribus nostris.

O Shepherd of our souls, O primal voice,
whose call created all of us:
Now hear our plea to thee, to thee, and deign
to free us from our miseries
and feebleness.

O Pasteur de nos âmes, O Voix première

dont l'appel a créé chacun de nous, 

Maintenant écoutes notre plainte qui T'es adressée

et daignes nous libérer de nos misères et faiblesses.

Vous pouvez télécharger la partition ci dessous. Vous désisrez apprendre à chanter ces chants d'Hildegarde? Un cours de chant hildegardien est donné à l'abbaye de Maredret Formation Sainte Hildegarde de Bingen (accueil-abbaye-maredret.info)

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La structure de la pièce suit les lignes classiques de l'ancienne forme de prière «collecte»: une apostrophe d'ouverture au destinataire de la prière; une clause relative décrivant un attribut pertinent du destinataire ; un subjonctif exhortatif au destinataire; et une clause de but (souvent avec ut) dépendante de l'action du subjonctif exhortatoire. Pourtant, en mettant cette collecte en musique comme une antienne, Hildegarde transforme son simple plaidoyer en une puissante méditation sur la voix de Dieu.

Alors que l'apostrophe d'ouverture est celle du Bon Pasteur qui fait paître son troupeau et part à sa recherche quand nous sommes perdus, l'image la plus saisissante est la seconde salutation : le Christ, le Verbe, la "première voix" dont le son (ou le chant ?) a créé tout le monde. Bien que la partie médiane de l'antienne signifie littéralement : "Maintenant, qu'il te plaise", nous avons choisi dans la traduction de répondre à la "voix primitive" par notre propre cri plaintif et humain, car Hildegarde prend la décision inhabituelle de décrivant ce qui a été créé par le Verbe, non pas à la troisième personne (par exemple *par lequel toutes choses ont été créées, « par qui toutes choses ont été faites ») mais à la première personne : « par qui nous avons tous été faits ».

Cette pièce est donc intensément centrée sur la relation parlée entre nous et Dieu. La voix de Dieu nous a appelés à l'existence ; maintenant nous lui crions de nous libérer de nos faiblesses auto-imposées. Nous ne languissons plus dans la boue pitoyable des mots marmonnés et la sécheresse d'une voix rauque et rauque. Au contraire, avec la liberté de guérison que cette antienne lui demande, nous pouvons faire résonner avec Hildegarde les notes fortes et claires du chant céleste. Hildegarde utilise la musique pour souligner ces thèmes. La ligne 4 reprend avec variation la mélodie de la ligne 3, donnant du poids à son plaidoyer harmonique. La ligne finale est alors un parallèle mélodique proche de la ligne 2, liant ainsi musicalement notre création à notre misère initiale et mettant en évidence la puissance salvifique de Dieu.

De plus, l'utilisation par Hildegarde de l'un de ses motifs musicaux préférés—la quinte d'ouverture, dans cette pièce le saut du ré tonal au la—casse le texte à un endroit inhabituel syntaxiquement dans la quatrième ligne de liberare. L'infinitif est dépendant du verbe digneris (« daigner »), mais son objet nos (« nous ») en reste séparé dans la phrase précédente. (Dans l'édition du texte de Barbara Newman, nous sommes placés au début de la ligne qui suit la sienne.) La musique, cependant, favorise la disjonction grammaticale. Préserver le saut de D à A au lieu de commencer la ligne par un geste mélodique non conventionnel sert à souligner l'action théologique centrale pour laquelle cette antienne plaide : la libération gracieuse de Dieu de nous de nos souffrances rauques et pécheresses.

source http://www.hildegard-society.org/2014/07/o-pastor-animarum-antiphon.html

Hildegarde musique